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La société Episkin, filiale lyonnaise de L’Oréal, a mis au point une technique de production de peau in vitro. A partir de lambeaux de peau récupérés lors d’opérations chirurgicales de réduction mammaire, le laboratoire fait pousser de l’épiderme in vitro par multiplication cellulaire. Duplicable à l’infini, la production de peau reconstruite nécessite du temps : 23 jours pour une pastille d’environ 1 cm2. « Il ne s’agit pas d’une production de masse, nous faisons de la haute couture », explique Estelle Tinois-Tessonneaud, directrice du site high-tech. « En fonction des besoins, nous pouvons reconstituer tous types de peaux : jeunes, vieilles, de couleur… », ajoute-t-elle. Environ 40% des tissus produits sont ensuite vendus à l’industrie cosmétique et pharmaceutique ainsi qu’à des équipes de recherche. Le reste est stocké puis utilisé en interne.
BIOTECHNOLOGIES A LYON : UN SECTEUR D’EXCELLENCE
Le centre Episkin est basé sur le biopôle de Lyon-Gerland, épicentre du pôle de compétitivité mondial en infectiologie Lyonbiopôle. Le site emploie 55 salariés et est depuis l’an dernier un centre de test pour les nouveaux produits du groupe cosmétique L’Oréal, une première dans l’industrie de la beauté. Les nouveautés sont analysées en détail sur des modèles de peau reconstitués avant d’être mis sur le marché. « Nous pouvons démontrer l’efficacité et l’innocuité des produits en ce qui concerne les irritations cutanées et la phototoxicité », précise Estelle Tinois-Tessonneaud. L’utilisation de lambeaux de peau remplace l’expérimentation animale qui sera interdite définitivement en mars 2013 avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle directive européenne. Episkin prévoie de développer des méthodes de test in vitro dans les domaines pour lesquels il n’existe pas encore d’alternative sur l’animal (comme les allergies par exemple).
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